Et si les matériaux de demain… poussaient littéralement sous nos yeux ?
À l’heure où l’architecture d’intérieur explore de nouvelles voies plus durables, le mycélium s’impose comme une piste fascinante. Encore marginal il y a quelques années, il attire aujourd’hui designers et architectes en quête d’innovations responsables.
À mi-chemin entre science et poésie, ce matériau vivant transforme notre manière de concevoir les espaces. Plus qu’une simple alternative écologique, il propose une nouvelle esthétique, organique et évolutive, en phase avec les enjeux contemporains.
Qu’est-ce que le mycélium ?
Le mycélium est la structure racinaire des champignons : un réseau dense de filaments invisibles à l’œil nu, capable de coloniser et de transformer la matière organique.
Dans le domaine du design, ce réseau est cultivé sur des substrats naturels ; comme des déchets agricoles ou des fibres végétales ; qu’il va progressivement agglomérer. Le processus est ensuite interrompu par séchage, figeant une matière solide, légère et étonnamment résistante.
Ce qui rend le mycélium unique, c’est sa capacité à “pousser” dans un moule. Contrairement aux matériaux traditionnels, il ne se découpe pas : il se cultive directement dans sa forme finale, réduisant ainsi les déchets de production.
Comment est-il utilisé ?
Si le mycélium reste encore en phase d’exploration, plusieurs projets emblématiques illustrent déjà son potentiel en architecture d’intérieur.
Des objets et du mobilier expérimental
Le designer Eric Klarenbeek est l’un des pionniers dans ce domaine. Avec son projet “Mycelium Chair”, il explore la possibilité de faire “pousser” du mobilier. Ses créations, à la frontière de l’art et du design, interrogent notre rapport à la fabrication et à la matière.
Dans une approche plus industrielle, la société Ecovative développe des matériaux à base de mycélium utilisés pour des objets design, mais aussi des panneaux structurels et des solutions d’emballage.
Revêtements et panneaux décoratifs
Le mycélium est également utilisé sous forme de panneaux pour habiller murs et plafonds. Sa texture brute et irrégulière apporte une dimension sensorielle forte, idéale pour des projets à l’esthétique naturelle ou minimaliste.
La marque Mogu propose par exemple des panneaux acoustiques en mycélium aux formes sculpturales, alliant performance technique et langage visuel contemporain.
Luminaires et pièces décoratives
Grâce à sa légèreté et à sa texture unique, le mycélium est particulièrement intéressant pour la création de luminaires. Il diffuse la lumière de manière douce, créant des ambiances chaleureuses et organiques. MushLume Lighting en est l'exemple parfait !
Pourquoi choisir un matériau biosourcé ? Et en quoi le mycélium l’est-il ?
L’intérêt croissant pour les matériaux biosourcés s’inscrit dans une transformation plus globale du secteur de l’architecture et du design. Il ne s’agit plus seulement de concevoir des espaces esthétiques, mais aussi responsables.
Un matériau biosourcé est issu de ressources renouvelables d’origine biologique. Son utilisation permet de réduire l’impact environnemental des projets, tout en favorisant des cycles de production plus vertueux.
Le mycélium incarne pleinement cette démarche :
- Il est cultivé à partir de ressources naturelles et souvent locales
- Il valorise des déchets organiques (paille, sciure, résidus agricoles)
- Sa production est peu énergivore
- Il est compostable et biodégradable en fin de vie
Au-delà de ses performances environnementales, il contribue également à créer des espaces plus sains, en limitant l’usage de matériaux synthétiques et de composés chimiques.
Le mycélium n’est pas simplement un matériau alternatif : il ouvre la voie à une nouvelle manière de concevoir l’architecture d’intérieur, plus intuitive, plus respectueuse du vivant.
Adopter le mycélium, c’est finalement accepter de collaborer avec le vivant ; et imaginer des intérieurs qui ne sont plus seulement construits ; mais presque cultivés.

